samedi 21 novembre 2009

Fondue

Nos fondues entre amis resterons parmis les bons moments dont je me souviendrai. J'aime dire à mon ami congolais : quand les gens te demanderons ce que tu as fait en Haiti, tu pourras répondre: "J'ai mangé de la fondue" ;-)

 
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Zanglais

Sur la côte sud d'Haiti, à la sortie d'Aquin, sur la route pour se rendre aux Cayes, se trouve l'endoit que je préfère dans ce pays. De multiples petites "mornes" s'avancent dans la mer des caraibes pour former de petites baies, le sable est blanc et fin, mais ponctué par endroit de rochers qui coupent la monotonie (je trouve) des plages de rêve. A l'horizon, différentes petites îles décorent la mer. Un vrai dépaysement, un vrai repos, un vrai paradis.

 

 

 

 
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île de la trompeuse

A 1km de Zanglais, petit îlot de sable qui a été reboisé par un ingénieur agronome venu s'installé dans cette région paradisiaque.
 

 

 

Vue de la côte depuis l'île. C'est la saison des pluies dans une région non totalement déboisée, on profite de la verdure.
 
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Zanglais, 14 novembre 2009

Je me suis réveillée juste avant l’aube, vers 4h. Couchée dans mon lit, je regarde la Grande Ours par la fenêtre. La montagne aux formes de douces collines se détache sombre sur le fond du ciel teinté de noir clair. Le miroir de la baie reflète cette clarté naissante. C’est samedi matin, j’entends encore au loin les tambours de « rara » quie ont fêtés toute la nuit. Un ou deux coqs commencent a réveiller leur bassecour. Je tire le drap sur moi, les moustiques eux aussi sont réveillés.

Je ferme les yeux, les rouvrent… la clarté me surprends, je sors sur la galerie pour profiter de ce paysage unique. La Grande Ours a disparue, l’horizon est orange, la lune forme un fin berceau lumineux, couvé par sa rondeur discrète que j’aperçois dans un halot. Les coqs plus nombreux sont maintenant rejoints par les chiens puis par quelques bêlements de cabris dans un joyeux tintamarre matinal, les tambours, eux, se sont tus. Le profil d’une pirogue de pêche traverse la baie pour rejoindre le large.

Les couleurs palissent, la montagne qui ferment la baie est couleur « vert saison des pluies », ma préférée pour habiller les mornes d’Haiti, l’horizon brumeux rend les couleurs pastelles.
Les chiens se sont tus, seuls quelques coqs retardataires donnent encore de la voix. J’entends les camions sur la route de la côte. Sur la barrière de la galerie, les fourmis commencent leur laborieuse journée.

La lune a perdu son halot, elle n’est plus qu’un sourire sur fond bleu, je lui rend son sourire et retourne me coucher.


 
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L'île à vaches

L’île à vaches est située dans la mer des caraïbes au large de la côte sud d’Haïti, à +/- 5 km au large de la ville des Cayes. Cette île était riche en troupeau de bovins qui servaient à nourrir les flibustiers qui attendaient le passage des galions espagnols. Aujourd’hui elle est peuplé par des agriculteurs et des pêcheurs. Il reste quelques vaches. Un vrai coin de paradis.
 

 

 

 
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"kay" (maison) sur l'île
 

quelques bovins, vestiges des nombreux troupeaux dont la présence avait baptisé l'îls
 

La mangrove occupe une bonne superficie de l'île... malheureusement ne contient pas une faune trés riche. Par contre un vrai repaire de moutsiques.
 

 
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lundi 19 octobre 2009

Réveil 4h45. Ce matin je monte à Dufour. Suite aux plaintes régulières de l’équipe sur la difficulté du trajet et ayant entendu dire qu’une autre voie d’accès avait été améliorée, je pars en exploration. Départ en moto avec notre chauffeur Nazon, la voiture est occupée ailleurs sur le terrain. Après dix minute de trajet, je me dis que la route va être vraiment pénible (route à la régularité approximative assez raide avec mon sac à dos qui me tire en arrière), après 30 minutes j’ai bien envie d’envoyé à la tête de mon informateur une petite portion de la boue dans laquelle nous nous démenons. Le tronçon « correct » de la route est fini depuis plusieurs km, a présent la boue provoquée par les pluies nocturnes du mois d’octobre recouvre les pierres de la route et la transforme en une véritable patinoire, même lorsque je descends de la moto, avec mes chaussures de marche, je glisse… heureusement que la voiture n’était pas disponible, nous ne serions jamais passé ! Bref, après 1h30 de route et quelques frayeurs, nous voici sain et sauf à « carrefour mouton » ou Facto, mon muletier préféré, va venir me chercher.

 


Depuis Carrefour Mouton la vue est splendide ! il est 7h du matin, un soleil timide à l’horizon baigne les montagnes dans sa lumière douce, des bans de brouillard dansent par monts et par vaud (oups… petit lapsus nostalique)… par mont et par vaux changeant le paysage à chaque instant comme pour me faire découvrir la beauté du panorama détail par détail. De Carrefour Mouton on voit « Les Palmes » une habitation qui dispose d’un centre de santé équipé d’un laboratoire d’analyse. Je vais donc voir la distance qu’il faut faire depuis Dufour pour venir faire une prise de sang.... Il y a beaucoup de monde sur la route, principalement des femmes qui marchent d’un pas rapide, des paniers chargés sur la tête, il doit y avoir jour de marcher aux Palmes. Quelle différence avec la ville ! Ici les gens se saluent en se croisant, s’encouragent, et le fait que je comprenne le créole les surprend autant que les fait rire. Certaines femmes échangent des blagues avec moi sur le « bel ti nèg » (beau garçon) qui m’accompagne : Nazon est fier et ravi de son succès !

 


Facto est content de me revoir (plaisir partagé), nous quittons Carrefour Mouton en suivant un chemin qui doit être reposant par temps sec, mais qui est aujourd’hui une trainée de boue épaisse au milieu des champs. Je suis une paysanne au pas sûr, nous empruntons un chemin de « boue tassée » créé par les nombreuses personnes se rendant au marcher. Les femmes des mornes se ressemblent toutes, bien qu’elles aient des types de peau et des tailles différentes. Elles sont en générale fines et musclées, elles portent une robe ou une jupe ample qui s’arrête au-dessous du genou et se couvrent toujours la tête d’un foulard. Se sont des femmes au caractère décidé, aimant plaisanter, récoltant les dernières nouvelles du voisinage lors de leurs fréquents déplacements. Sur leurs visages dont l’âge est difficile à deviner, ont lit la fatigue du labeur et des grossesses trop nombreuses et trop rapprochées, le souci de ne savoir si l’on trouvera la nourriture nécessaire à la famille, mais aussi la paix, la confiance qu’inspire la foi. On trouve aussi la fierté d’avoir pu mettre ses enfants à l’école.
Je les admire, les aime, et les redoute. En effet elles représentent le public cible de nos séances d’éducation, et changer leurs habitudes est un défi !

 

 
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dimanche 18 octobre 2009

 


Après le marcher de « Roche Malata » (ou quelque chose comme ça), le paysage se transforme, les montagnes se resserrent pour former un cirque, nous traversons une zone non cultivée qui ressemble à un paysage d’altitude.

 


Le silence me saisi, une douce tranquillité me pénètre, le calme me porte.
J’aimerais m’asseoir là, écouter le silence.
Faire une pause, laisser le temps courir.
Retrouver le rythme des battements de mon cœur.
Ecouter la vie qui murmure en moi, dans un demi-sommeil.

 


Ou que j’aille, les montagnes sont les mêmes, elles demeurent presque éternelles. On retrouve en elles ce bien et ce mal qui sans cesse se bagarrent en nous. Elles trônent : terrifiante ou rassurantes, paisibles ou angoissantes, dangereuses ou protectrices, acérées ou douces, glacées ou caniculaires, fertiles ou stériles.
Je lève les yeux vers les montagnes pour me retrouver moi-même. Elles me rappellent ma place, le juste équilibre des choses. Comme elles, il y a des choses qui me dépassent, comme elles certaines choses semblent immuables. Mais il existe peu de montagnes, aussi majestueuses soient-elles, aussi décourageantes soient-elles, que l’homme à force de persévérance n’ait pu escalader, parcourir, franchir. Comme ces montagnes, certains problèmes ne changeront pas de taille ni de place, comme ces montagnes, il me faut apprendre à les parcourir, les apprivoiser, en maîtriser une partie en me protégeant de ses dangers.
Dans ce pâturage, le temps d’un souffle, je me sens chez moi, à l’abri, ressourcée. Que la Suisse me manque !
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Nous arrivons à Poirier… ou bien entendu ne poussent aucun poirier. Un de mes animateurs m’avait parlé de cette zone. Les gens y sont très pauvres, l’hygiène est catastrophique. Poirier bénéficie cependant d’un captage d’eau, point de ralliement. Sur notre passage un groupe de femme fait la lessive en discutant. Après le hameau, le chemin reste boueux mais devient également rocheux, je laisse là mes réflexion existentielles pour me concentrer sur le chemin. Nous traversons des champs, Facto m’informe que c’est le moment des plantations d’octobre à savoir la patate douce. Elle prendra 3 à 4 mois pour se développer.



De plus en plus de rochers, un col, Dufour est un vue en contre bas, il me reste une heure de marche. La vue est imprenable. Je suis à plus de mille mètres d’altitude, par moment j’aperçois au loin la mer. Des montagnes à perte de vue, aussi chauves et râpées les unes que les autres, les seuls arbres sont ceux qui entourent les habitations. C’est la saison des pluies, les nuages caressent les crêtes et laissent présager de la pluie pour l’après-midi. Le sentier commence a descendre, de plus en plus escarpé, de plus en plus étroit, à plusieurs endroit il y a à peine la place pour poser un pied. Les pierres roulent, la fatigue se fait sentir. Dans ma tête des pensées surviennent aussi chaotiques que le sentier : mais comment fait ce sentier pour supporter le poids du mulet ? Qu’est-ce qui leur a pris d’enlever même les buissons, plus rien ne retient ce sentier ! Fais gaffes à tes chevilles ! Et dire que les gens prennent ce sentier pieds nus avec bébé ou enfant pour venir au dispensaire ! Décidément cet itinéraire est trop dangereux. J’espère que Jézula a préparé du café ! J’espère que Nazon n’a pas eu de problèmes sur le chemin du retour.
Facto sens que je fatigue, et m’encourage de quelques « kembe co ou ! » (Littéralement : tiens ton corps !).

Nous voilà arrivé, j’ai droit aux sourires et embrassades de maman Simon et au délicieux café de Dufour.

mardi 29 septembre 2009

Mon chez-moi

En Haiti les gens qui ont de l'argent peuvent en avoir beaucoup et comme on est tout près des USA, les normes sont étasuniennes (ce qui explique la taille de la cuisine, du frigo et de la cuisinière à gaz)
Nous avons eu de la chance de trouver cette maison spacieuse avec un grand jardin. C'est vraiment qqc d'important au niveau de notre qualitié de vie qui nous permet de nous détacher du travail.

 


Le salon. On nous a livré les fauteuils hier!!! j'attends ça depuis 3 mois, je suis super contente!

 


Salle de bain: paradis de l'humidité et donc des moustiques!

 
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Ma chambre bleue

Pour ceux qui me connaissent, vous savez que le bleu est pas tellement ma couleur préférée... mais finalement dans la vie on évolue ;-) et aussi fo dire que j'ai pas vraiment eu le choix dans mon achat de peinture à Petit Goave...
 

Voici mon armoir... que j'avais attendu pendant 3 mois...
 

Et là ma "bibliothèque jardin du souvenir" avec vos cartes, photos etc...
 
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lundi 28 septembre 2009

repas

Un repas du quotidien haitien: l'incontournable riz-pois, de la viande en sauce, banane bouillie et légumes (les légumes c'est plutôt rare)

 
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portrait

Petit lessive du dimanche dans mon jardin
 
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sur la route, à travers la fenêtre

 
« Dans les dernières lueurs de la nuit, entouré des bougies des marchandes qui informent sur leur bric-à-brac, le tap-tap va partir. Merci Miséricorde . C’est son nom, celui qu’en lettres rouges il porte fièrement sur le fronton de sa galerie. Proclamé dans une langue que la majorité des passagers ne parle ni ne lit. Merci Miséricorde est l’une de ces camionnettes-autobus, criblées de couleurs, d’images et d’adages, dont les portières chatent les versets de la Bible ou disent l’Évangile.
 
La tôle est tout éclaboussée de peintures dites naives nous proposant des Cènes ou des Jésus rompent des pains. Des madones implorent le Ciel, et des pêcheurs baignent leurs pieds dans des mers infestées d’animaux étranges. Le souffle de l’imaginaire donne à la « Perle des Antilles » une cruelle abondance.
 
Beau comme un camion, dit-on ailleurs par dérision. Mênme si la mécanique est exténuée, ici, les tap-taps le sont, reflet du génie de l’île, croisement de plusieurs mytologies, ravissement des yeux qui tranche avec la grisaille que l’aube découvre, mélange de poésie et d’espoir, promesse de dignité dans un pays de souffrance.
 
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