dimanche 22 mars 2009

Mes petites voisines

 

Danes et Islande à la sortie de l'école.

 

Islande qui ne me quitte pas d'une semelle lorsque je suis chez moi. Petite séance "d'écriture" un soir. Elle a 6 ans.
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mes j'aime - j'aime pas de Dufour

J’aime… avoir assez froid pour avoir envie de mettre des chaussettes, une polaire et dormir dans mon sac de couchage fermé !

J’aime… me doucher à « ciel ouvert » et sentir le vent sur mon corps.

J’aime… le ciel étoilé comme je ne l’avais jamais vu.

J’aime… le regard malicieux d’Islande, ma petite voisine.

J’aime pas… retrouver le centre de santé poussiéreux et en désordre, la négligence ça m’énerve.

J’aime pas… voir les « timoun » (enfant en créole, à prononcer « timoune ») recouvert de boutons de galle (les pauvres, ça démange tellement !)

J’aime pas… être suivie partout ou je vais par un troupeau d’enfant qui crie "blanc! blanc!" ça m'agace prodigieusement.

Dufour, programme de nutrion

 

 

 

Quelques images prisent lors de la collation donnée aux enfants (lait et biscuit nutritif).
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Une semaine à Dufour

Mon travail ici comporte différentes facettes (que je n’ai pas encore toutes expérimentées), et il est très difficile pour moi de vous décrire une journée type puisque chaque jour est différent. Je sais que mon rôle professionnel reste un mystère pour la plupart d’entre vous, je vais essayer de vous décrire la semaine qui vient de s’écoulée et qui est pour le moment une partie importante de mon travail « terrain ».

Petite précision, quand je parle de « l’équipe », se sont les employés de MDM (3 animateurs, 1 animateur-logistiscien, 1 infirmière, et moi. Il y a aussi un chauffeur et une ménagère, mais ils ne viennent pas dans les villages avec nous).

Lundi, c’est la montée à Dufour. Je pars tôt (vers 6h) pour ne pas devoir marcher sous un soleil trop fort. Certains membres de l’équipe sont avec moi, les autres arrivent plus tard car ils viennent directement de PAP. La voiture remonte dans le lit de la rivière presque à sec (nous économisant ainsi 1h de marche) et nous dépose au lieu dit « ticoma » ou les mulets nous attendent. Nous avons la chance de ne pas devoir porter les sacs, nous chargeons les bêtes de nos affaires, notre nourriture pour la semaine (difficile à trouver à Dufour), et les moins courageux d’entre nous. Nous amorçons 4h de montée, sur un chemin qui devient vite étroit et dont la facilité dépend énormément de la météo. Le long du chemin, nous rencontrons les gens dans leurs champs, c’est le début de la saison des pluies (du printemps) et donc la saison de plantation, il y a beaucoup de travail agricole. On se salue, et c’est marrant, leur formule donne à peu près ça : « bonjour ça va ? ça va bien et vous ? ça va, vous montez ? oui on monte ? » et se sera la même chose lorsque l’on descendra sauf que les gens nous demanderont si on descent…
Et sinon bien sur, on m’interpelle régulièrement : « blanc (qui signifie étranger ici) donne moi de l’argent! ». L’arrivée à Dufour est un vrai bonheur, après avoir traversé ces mornes déboisées, érodées et ravinées, on arrive sur une espèce de plateau, couvert de la verdure des plantations des habitants. Les pois sont déjà bien avancés par rapport aux cultures de plaines, sur certains plants, la floraison est terminée et les haricots déjà formés. Nous sommes au fond d’un cirque de montagnes, au loin, entre deux mornes qui ferment le cirque, on aperçoit la mer, et on se dit que l’on vient de tout là-bas.

Des l’arrivée je rejoins la kay (maison en créole) de Maman Simon que nous louons et prend une petite « douche »… on s’entend, c’est avec le seau, à l’extérieur de la maison et bois avec plaisir le café que me prépare Jésula (j’ai des doutes sur l’orthographe…) notre ménagère de Dufour. Ensuite je descends au dispensaire, dire bonjour au personnel et préparer avec mon équipe les journées suivantes qui seront bien remplies. Quel que part là au milieu, quand il y a de la nourriture prête je la mange, et à Dufour je me couche tôt, bercée par le bruit des insectes nocturnes.

Les jours suivants s’enchaînent les activités de notre programme de nutrition. Une fois par mois nous distribuons des « rations sèches » à trois groupes cibles vulnérables : les femmes enceintes et allaitantes anémiées, et les enfants de moins de 5 présentant une malnutrition modérée ou sévère. A l’arrivée des bénéficiaires, nous prenons toutes les mesures anthropométriques nécessaires au suivit (poids et taille pour les enfants, poids pour les femmes) puis chacun est vu en consultation par notre infirmière ou par le personnel du dispensaire (selon la charge de travail de celui-ci). C’est vraiment une charge très lourde pour Sheillie (notre infirmière), car cela représente une cinquantaine de consultations par jour. Pendant ce temps, l’équipe d’animation donne des enseignements sur l’hygiène, l’alimentation, l’allaitement maternel, le planning familial, etc. Le logisticien et quelques personnes locales, préparent les portions de nourritures qui seront remises à chaque bénéficiaire à la fin des consultations. J’ai toujours le cœur serré de voir ces femmes repartir, parfois accompagnées d’un enfant un peu plus grand ou d’un mari pour les aider à porter les 20 Kg de nourriture, parfois seule, qui vont faire entre 1h et 2h30 de marche dans les montagnes pour rentrer chez elles. Et je suis carrément inquiète lorsqu’une heure après le départ, la pluie tropicale s’abat sur la montagne transformant les chemins en des ruisseaux.

Mon rôle est de coordonner le tout, de faire respecter le timing, de participer aux consultations des cas les plus complexes, parfois de discuter avec les parents du transfert d’un enfant trop sévèrement malnutri dans un centre de stabilisation nutritionnel hospitalier (situé à PAP ou aux Cayes). C’est aussi de superviser le travail de chacun et de parfois remettre les points sur les i, c’est d’identifier les dysfonctionnements, et de réfléchir à l’amélioration de nos prestations. C’est aussi d’être attentive aux demandes de l’équipe et des bénéficiaires en faisant le tris de ce pour quoi je peux entrer en matière ou non, c’est aussi d’encourager les efforts de chacun, le travail consciencieux des uns et les progrès des soins donnés aux enfants des autres.

Je navigue dans cet équilibre précaire ou j’essaye de rester à l’écoute tout en étant ferme pour « mener le bateau », ou je suis encouragée par les améliorations que notre travail apporte pour la santé de la population mais découragée par toutes les situations ou je ne peux rien faire et me sent impuissante. Il y a des choses qui sont tolérables, d’autres pas. Certaines ne le sont pas encore pour moi et le deviendront peut-être avec le temps. Je cherche l’équilibre entre la carapace qui me protège et me permet de continuer à faire mon travail, et le cœur qui se laisse encore toucher pour rejoindre le plus possible la population, essayer de comprendre, de partager, d’accepter pour construire une action commune.

Chaque jour je pense à ce que François, un expatrié de longue date m’a dit : regarder chaque petite victoire, et en faire la raison de notre présence ici, ne pas se laisser submergé par l’immensité de la tâche qui me renverrai directement dans le premier avion en partance pour l’Europe le cœur rempli d’amertume ou d’une dépression sévère.

Mon ennemi numéro 1 : le fatalisme. (même si parfois je me fais avoir moi aussi…)
Bien à vous. Céline.

Une semaine à Dufour

 

Le centre de santé de Dufour tout en arrière, avec devant à droite notre bâtiment pour le programme de nutrition. Devant, un champ de culture de pois. Dans cette région très escarpée, le moindre coin de plat est exploité pour la culture.

 

Kay et cour de Maman Simon (femme à droite) On voit aussi Anne-Pierre, ancienne expatrié de MDM qui a mis en place le centre de santé de Dufour et qui a vécu 8 mois là haut. Elle est venue une semaine pour visiter le projet.

 

Vue du "plateau" de Dufour. Dufour se situe à 910m, il n'y a pas de réseau pour le téléphone. Pour en trouver, je monte sur une crête à 20-25 minutes de marche d'ou je vois le village. Les taches blanches sont les toits de l'école et du centre de santé.

 

Mère et ses enfants, venant au programme de nutrition... pieds nus sur les cailloux. Contrairement aux apparences, on ne cultive pas que des pierres à Dufour, se sont les champs de pois.

dimanche 15 mars 2009

pays de pêche

 
 
 

Les haitiens n'aiment pas l'eau, il y a trop de croyances vaudoues qui y sont rattachées. Seul les pêcheurs se plongent vraiment dans la mer pour aller rechercher les panniers à langoustes qu'ils déposent le long du rivage. Les embarcations sont surprenantes: de simples troncs creusés. Les enfants aiment aussi aller jouer dans l'eau, les plus courageux (ou moins supersticieux)des adultes se baignent jusqu'à la taille.
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plantation de banane

 
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mon compagnon : ''face de rat''

 
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vendredi 6 mars 2009

mes j'aime - j'aime pas de la semaine

J'aime ... le vent qui s'est levé depuis quelques jours et qui parait-il annonce le printemps haitien.

J'aime ... le bruit des galets qui s'entrechoque lorsqu'une vague se retire sur la plage.

J'aime ... entendre les mangues tomber dans la cour.

J'aime pas ... faire une indigestion.

J'aime pas ... les moustiquaires mal installées.

J'aime pas ... être ''blanche'' dans un pays ''noir''.

Bonne semaine, bisous