jeudi 20 août 2009

Mère Courage

Parfois je me perds au milieu de toutes mes activités de coordination, de gestion d’équipe et de projet, de prise de tête budgétaire. Parfois j’ai envie de laisser ce pays de chaleur ou rien ne fonctionne ni n’avance pour retrouver la fraicheur d’une soirée dans les pré-Alpes, le calme d’un lac, la douceur du soleil couchant sur le Lavaux. Alors il est temps pour moi de prendre le temps d’aller superviser le travail de terrain et de renouer avec l’essence de ma présence ici, le but de ce voyage : les gens.

Haïtien, haïtienne, timoun, granmoun, jeunes coq ou vieillards édentés, j’ai besoin de nos échanges, de vos blagues et peut-être même de vos incessantes plaintes et demandes, votre insatisfaction pour toujours inassouvie pour retrouver le sens de ma mission, la motivation à mon travail.

 
C’est lors d’une visite de supervision dans le centre de santé de Meyer (qui vient d’être construit par le Ministère de la Santé Publique et de la Popultion mais qui est supervisé en collaboration avec Médecins du Monde Suisse) que j’ai fait la connaissance de celle que j’appelle « mère courage ». Le mercredi à Meyer, c’est le jour de PTA (programme de Prise en charge Thérapeutique Ambulatoire des enfants atteints de malnutrition sévère) plusieurs mamans attendent la prise des mesures de leur enfant puis la consultation. Je fais un tour d’horizon, pour voir l’état général des enfants. Mon attention est retenue par un enfant qui semble à la fois étrangement grand et pourtant tout petit… il a 8 mois et pèse 3kg400, son poids de naissance… il a la diarrhée. Je commence alors une discussion avec les mères sur l’allaitement maternel (auquel est associé tellement de mauvaises croyances qu’il en découle de très mauvaises pratiques) puis parle de la réhydratation et du traitement de la diarrhée, une jeune mère prend alors la parole pour expliquer comment préparer le sérum de réhydratation.

 
Après cette petite causerie, je m’approche d’elle pour la féliciter de ses connaissances et lui demander ou elle a appris cela. Son enfant à 2 ans, lorsqu’il avait 8 mois, il avait déjà un problème de nutrition, elle a participer à un programme nutritionnel ou elle a appris les règles d’hygiène, les soins de bases pour les maladies courantes et comment préparer des repas équilibrés. Je suis alors surprise qu’elle vienne à nouveau pour le programme de nutrition. Elle m'explique qu'à 2 ans son enfant ne se tient pas assis seul, ne mange pas seul ne parle pas, ne se déplace pas et à de la peine à manger même lorsqu’on le nourrit. Un petit garçon tout sourire me tend les bras, je le prends dans les miens, il est câlin, sa mère sourit à son tour. Sa peau est propre, ses habits sont propres, il sent bon, après un déplacement à pied de plus de 2h dans les bras de sa maman, il est dans un parfait état d’hygiène. La mère veut se dépêcher, elle a un nourrisson à la maison avec qui elle fait l’allaitement maternel exclusif.

 
Je ne peux qu’admirer cette jeune mère, cette mère courage, elle n’a pas plus de ressources que les autres, ni un meilleur niveau socio-économique mais elle a un enfant avec un retard psycho-moteur important, et elle en prend soin et lui donne de l’affection comme je l’avais rarement vu précédemment. Elle bénéficie de nos programmes, elle a retenu la formation apprise précédemment donnée par d’autre ONG, elle applique chaque jour ce qu’elle apprend pour que ses deux enfants restent en bonne santé. Alors pour la force que m’a donné le câlin de cet enfant, pour l’espoir de changement que ça a fait naître en moi, je suis retournée dans mon bureau, j’ai repris mes planifications, mes projets, mes budgets, mes rapports, mes prises de tête, et si je me décourage, je pense à cette famille.
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lundi 17 août 2009

La joie des vinqueurs!
 

"Avek kapot nou pa pran goal!"
 
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Au fait tu fais quoi en Haïti ?

Mise à part que pour l’heure je transpire à grosse goutte, mon travail à pas mal évoluer depuis que je vous ai raconté ma semaine à Dufour. Avec l’extension du projet de Médecins du Monde Suisse, et l’arrivée dans l’équipe de 8 nouveaux collègues, mon rôle de coordinatrice médicale prend tout son sens. Avec l’arrivée de Daniel, un nutritionniste, j’ai pu me libéré de toute l’aspect nutrition du projet et me concentre sur la santé communautaire.
Notre travail consiste principalement à l’amélioration des conditions sanitaires et à la prévention des maladies par l’éducation de groupes.

Par exemple nous travaillons avec des clubs de mères, nous leur donnons une formation de base sur la nutrition, la malnutrition, l’hygiène corporelle, l’hygiène du milieu, le planning familial, l’allaitement maternel, la diarrhée, la malaria, la tuberculose, le VIH et autres MST. Mon gros travail actuellement est de créer les documents de formation pour chaque sujet pour ces clubs.

 

L’été est toujours le théâtre de différentes festivités.
La première semaine d’aout était la semaine mondiale pour l’allaitement maternel exclusif. En Haïti l’allaitement est très peu pratiqué. Pour différentes croyances (notamment que des loup-garou cherchent à manger les enfants) on n’aime pas sortir les enfants de quelques mois de la cour familiale. Les mamans qui ont différentes activités et qui font souvent du commerce laissent les nourrissons à la grand-mère, à une tante ou une autre personne durant la journée. Souvent les enfants commencent à recevoir des bouillies déjà à partir de 2-3 mois, et à boire de l’eau ou du thé.

 

Comme Médecins du Monde travail aussi dans la nutrition, nous mettons beaucoup d’énergie à la promotion de l’allaitement maternel exclusif. Nous avons organisé un grand rassemblement à Grand Goave. Le rendez-vous était pour 16h, une voiture sonorisée faisait donc le tour de la ville depuis 14h pour inviter les gens à venir. Vers 17h30 il y avait assez de monde pour commencer. Entre chaque intervention le DJ met l’ambiance et invite les gens à danser, le message passe, à renfort d’interpellations, de sketch et de concours, le tout diffusé sur la radio locale.

 

La semaine passée nous avons organisé en collaboration avec la Croix Rouge Haïtienne un tournoi de football de rue principalement pour faire de la prévention VIH. C’est très intéressant de voir à quel point les représentations et les fausses informations peuvent mener à de mauvaises pratiques. Comme mon créole commence à s’améliorer, j’ai été présente toute la semaine sur le site du tournoi et ai eu un énorme plaisir à pouvoir répondre aux questions et à échanger avec les jeunes.

Cette semaine nous formons les professeurs des écoles participantes au programme de santé scolaire… tout un programme !
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Vie de campage

Stockage des épis de mais par grape sur les arbres pour les protéger des animaux.
 


Fin de journée de marché, chargé comme un mulet.
 


Des pois et des tombes.
 
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Travailler dans des zones difficilment accessibles.
 


Maison que nous louons sur le terrain pour nos équipes. Jolie "Kay" haitienne.
 


Vue toujours magnifique sur la baie de Petit Goave en arrivant en haut de "Morne Tapion". Route meurtrière. Dernier accident en date, 50 blessés, 11 morts.
 
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lundi 3 août 2009

 

Plages de Cayes Jacmel, au sud de l'île
 

Plages de Cayes Jacmel, au sud de l'île
 

La version "tous terrains" des transports publiques. Un camion au chargement matériel-animaux-humains sur des routes de roches et de poussières. Tous "tatoué" de sloggan biblique pour invoquer la protection divine.
 

Les flamboyants, qui illuminent de leurs flammes oranges la végétation.
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