lundi 28 septembre 2009

sur la route, à travers la fenêtre

 
« Dans les dernières lueurs de la nuit, entouré des bougies des marchandes qui informent sur leur bric-à-brac, le tap-tap va partir. Merci Miséricorde . C’est son nom, celui qu’en lettres rouges il porte fièrement sur le fronton de sa galerie. Proclamé dans une langue que la majorité des passagers ne parle ni ne lit. Merci Miséricorde est l’une de ces camionnettes-autobus, criblées de couleurs, d’images et d’adages, dont les portières chatent les versets de la Bible ou disent l’Évangile.
 
La tôle est tout éclaboussée de peintures dites naives nous proposant des Cènes ou des Jésus rompent des pains. Des madones implorent le Ciel, et des pêcheurs baignent leurs pieds dans des mers infestées d’animaux étranges. Le souffle de l’imaginaire donne à la « Perle des Antilles » une cruelle abondance.
 
Beau comme un camion, dit-on ailleurs par dérision. Mênme si la mécanique est exténuée, ici, les tap-taps le sont, reflet du génie de l’île, croisement de plusieurs mytologies, ravissement des yeux qui tranche avec la grisaille que l’aube découvre, mélange de poésie et d’espoir, promesse de dignité dans un pays de souffrance.
 
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