Nous arrivons à Poirier… ou bien entendu ne poussent aucun poirier. Un de mes animateurs m’avait parlé de cette zone. Les gens y sont très pauvres, l’hygiène est catastrophique. Poirier bénéficie cependant d’un captage d’eau, point de ralliement. Sur notre passage un groupe de femme fait la lessive en discutant. Après le hameau, le chemin reste boueux mais devient également rocheux, je laisse là mes réflexion existentielles pour me concentrer sur le chemin. Nous traversons des champs, Facto m’informe que c’est le moment des plantations d’octobre à savoir la patate douce. Elle prendra 3 à 4 mois pour se développer.
De plus en plus de rochers, un col, Dufour est un vue en contre bas, il me reste une heure de marche. La vue est imprenable. Je suis à plus de mille mètres d’altitude, par moment j’aperçois au loin la mer. Des montagnes à perte de vue, aussi chauves et râpées les unes que les autres, les seuls arbres sont ceux qui entourent les habitations. C’est la saison des pluies, les nuages caressent les crêtes et laissent présager de la pluie pour l’après-midi. Le sentier commence a descendre, de plus en plus escarpé, de plus en plus étroit, à plusieurs endroit il y a à peine la place pour poser un pied. Les pierres roulent, la fatigue se fait sentir. Dans ma tête des pensées surviennent aussi chaotiques que le sentier : mais comment fait ce sentier pour supporter le poids du mulet ? Qu’est-ce qui leur a pris d’enlever même les buissons, plus rien ne retient ce sentier ! Fais gaffes à tes chevilles ! Et dire que les gens prennent ce sentier pieds nus avec bébé ou enfant pour venir au dispensaire ! Décidément cet itinéraire est trop dangereux. J’espère que Jézula a préparé du café ! J’espère que Nazon n’a pas eu de problèmes sur le chemin du retour.
Facto sens que je fatigue, et m’encourage de quelques « kembe co ou ! » (Littéralement : tiens ton corps !).
Nous voilà arrivé, j’ai droit aux sourires et embrassades de maman Simon et au délicieux café de Dufour.
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