Mais que se passe-t-il ? D’habitude le mois de janvier est en saison sèche, cela fait deux semaines maintenant qu’il pleut régulièrement. Les chemins sont transformés en patinoire boueuse, impossible d’emprunter certains chemins pédestres, même les mulets font des galipettes. Notre programme tourne au ralentis. Ce qui n’est pas le cas de mon esprit qui se lance dans une gymnastique cérébrale afin de trouver la meilleure place possible à chaque pièce du puzzle et rendre possible l’accès à nos services.
Lundi matin 5h30. J’avais prévu de partir à Dufour une dernière fois avant la fin de mon contrat, mais il a plut toute la nuit : mission impossible. Je me recouche ½ heure. Marie-Lourdes me prévient qu’elle ne peut pas venir travailler, puisque Dufour tombe, j’irai la remplacer à Meyer et Baudin pour la supervision des dispensaires. On charge le véhicule sous une pluie glacée à 8h15. 9h15 une moto nous arrête sur la route, la pluie à provoqué un éboulement sur la route, nous ne pouvons pas passer. Nous faisons demi tour et passons par La Vallée de Jacmel, un détour de 2h. Les averses sont vraiment locales, sur la cote sud et les mornes environnantes, un grand soleil brille, la poussière qui s’élève de la piste et recouvre les végétaux alentour témoigne qu’ici il n’a pas plut depuis quelques jours.Nous arrivons dans le beau village de La Vallée, qui bien sur se situe… au sommet d’une montagne (je ne cherche plus à comprendre).
Nous arrivons à Baudin en plein jour de marché. C’est incroyable comme ces villages ou l’on ne croise d’ordinaire personne peuvent se remplir d’une foule dense durant ces quelques heures. Je fais le plein de délicieuses mandarines (3 douzaines pour 1.20CHF). Un petit saut au dispensaire de Baudin pour le ravitaillement en bonbonne de gaz pour le frigo à vaccin et nous arrivons à Meyer à 14h. J’avais dit que c’était mon tour de cuisiner, au menu pomme de terre et igname, comme légume des kalalous et liane panier avec des morceaux de fromage à raclette ramené de mes vacances en Suisse.
A 15h la pluie se met à « fariner » (une de mes expressions créoles favorites !) et à 16h c’est une bonne averse qui nous bloque à la maison. Je me douche en vitesse avec un sceau d’eau froide sous la pluie avant la tombée de la nuit puis enfile un pull, mon gilet polaire et des chaussettes, il fait vraiment frais. 17h30, il fait nuit je fais du thé pour réchauffer tout le monde, on joue aux cartes, un jeu qui s’appelle « casino ». 19h je me glisse jusqu’au coup dans mon sac de couchage et n’envie pas du tout ma collègue qui n’a pris qu’un drap pour se couvrir. 2h du matin : je maudit les souris qui se baladent au dessus de ma tête en piaillant.
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