mardi 13 avril 2010

Souvenir du 12 janvier 2010

La terre a tremblée, notre monde s’est effondré, nos vies ont basculées.
Cette frayeur intense qui nous a jeter à l’extérieur de la maison en un centième, cette peur de la mort, la sienne a laquelle on a échapé, celle des autres aux quels ont pense immédiatement.
Des secondes interminables, une certittude innée tombe en ruine : la terre, référence de stabilité, de solidité, d’inertie, gronde et tremble, comme en colère. J’aimerais pouvoir m’envoler, m’appuyer sur l’air, retrouver mon équilibre plutôt que de perdre pied et d’être là à quatres pattes au milieu de la cour. Peur que ça devienne plus fort, peur la terre s’ouvre sous moi, mqis quand cela va-t-il s’arrêter ?
La terre se calme, la terreur a transformé le visage des mes collègues haitiens, quel visage ai-je moi qui sais que ce n’est pas fini, qu’il y aura des répliques, que si la secousse est allée jusqu’à Port au Prince il y a des miliers de morts ? Et si la prochaine secousse était plus forte ?



Les cris et les prières brisent de toute par le silence de stupéfaction qui a suivi le séisme. Je cours vers un tas de ruine, personne n’est à l’intérieur. Les marchandes ont embarqué leurs légumes en 30 secondes, ells filent pour rentrer à la maison, le regard terrorisé, la bouche remplie de prière, le corps droit, leur panier sur la tête, leurs pieds nus. Mes pensées se bousculent : mes collègues à Petit Goave, mon Dieu ça doit être l’horreur à Port au Prince ! Seigneur ! Elise, Céline, Olivier, Chiara ! quelle heure est-il ? ou sont-ils supposés être ? Et Marie-Lourdes au chevet de son père malade… c’est sur, l’hôpital doit être détruit.
On se rassemble au milieu d’un champ, les femmes à genoux prient, les enfants pleurent. Je dis a mes collègue ses qui se passe, que ça va recommencer, plus ou moins fort, qui sait ? Nous nous jettons sur les téléphones… pas de service. Le cœur de tout le monde se sert dans le soucis des êtres aimés. Le mien se sers de ne pouvoir avertir les miens que je suis vivante.




Vivante, mes proches en sécurité dans un autre pays, loin, très loin, à 7000 km. A cette seconde m’envahi une culpabilité qui me collera à la peau plusieurs jours. Coupable d’être en vie, saine et sauve, coupable de n’avoir personne « à perdre », coupable d’être là impuissante, bloquée dans la montagne alors que je pressents déjà l’horreur des villes et le travail que je devrais y faire.
Un grondement sourd, les cris et prières redoublent, tout le monde comprend que ce que l’on nommera désormais « il » ou « ça » revient. Je respire : secousse plus faible, plus courte. Nous nous installons dans le champs pour la nuit. Le temps passe. Après avoir remis à Dieu tous les gens présents dans mon cœur et ma tête, le sommeil me gagne, je m’endors bercée par la présence des corps qui m’entourent, les cantiques qui s’élèvent sans fin, et même bercée parce cette terre qui n’en finira plus de me bercer chaque nuit durant le mois qui suivra.


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